Bruxelles Multilingue

Bruxelles est une ville où se superposent de nombreuses institutions, qu’elles soient européennes ou internationales (Parlement Européen, Commission Européenne, OTAN,…), éducatives (ULB, VUB, Facultés de Saint-Louis) ou relevant du gouvernement national (capitale de la Flandre, membre de la Fédération Wallonnie-Bruxelles, capitale de la Belgique,…). Bruxelles est une ville multiple : européennes, flamande, wallonne, belge, capitale de l’Europe. De cette manière, Bruxelles attire énormément de personnes de différentes parties du monde qui viennent pour différentes raisons. Au-delà de la question linguistique nationale, il existe de nombreuses communautés et surtout de nombreuses langues parlées à Bruxelles. En 2008, 28 % des résidents bruxellois n’étaient pas belges, ceci amène à la création de quartiers : Matongé pour l’Afrique, des parties de Saint-Gilles pour la Pologne, la rue du Brabant pour le Maghreb, le centre-ville pour l’Asie (CORIJN E., VANDERMOTTEN C., DECROLY J.-M., SWYNGEDOUW E., « Citizens’ forum of Brussels. Brussels as an international city », Brussels Studies, Synopsis nr. 13, 24 february 2009, p2.)

Qu’en est-il des langues parlées ?

Il faut différencier 3 types de langues parlées : les langues officielles (français et néerlandais), la langue mondiale (l’anglais) et les langues culturelles et scolaires (apprises au sein des communautés ou à l’école) (JANSSENS, Rudi, « L’usage des langues à Bruxelles et la place du néerlandais. Quelques constatations récentes », Brussels Studies, numéro 13, 7 janvier 2008, p3.). En ce qui concerne le premier groupe, bien que Bruxelles est une ville bilingue sur le plan officiel, d’un point de vue pratique, elle est majoritairement francophone. L’anglais est une langue de plus en plus parlée et particulièrement dans les jeunes générations. Certes, le français et le néerlandais gardent une place de choix, mais la langue de Shakespeare est de plus en plus parlée en tant que  seconde langue (VAN PARIJS, Philippe, « Brussels Capital of Europe : the new linguistic challenges », Brussels Studies, numéro 6, 3 May 2007, p2.). Cette montée en flèche de l’anglais en grande partie due à « l’européanisation » de Bruxelles et à sa population européenne (à entendre venant de pays de l’Union). Celle-ci est en plein boom. Chose que l’on peut observer avec l’ouverture d’une quatrième école européenne en 2010. Selon Rudi Janssens, durant les dernières années, c’est le troisième type de langue qui a le plus augmenté (allemand, italien, espagnol, arabe…). Il faut noter que certaines de ces langues sont aussi apprises à l’école ce qui augmente la proportion de personnes la parlant. Géographie Une question intéressante que l’on peut se poser est comment se répartissent les langues parlées. Comme je l’ai écrit dans le premier paragraphe, on voit l’apparition de communautés dans certains quartiers et donc une division géographique, linguistique et bien sur socio-économique. Nous avons vu les deux premières penchons-nous sur la troisième. Bruxelles a plusieurs zones plus ou moins riches. Notamment, son fameux « croissant pauvre ». Si nous superposons la carte de langues et la cartes de revenus, nous voyons que certaines langues sont plus parlées dans les zones à haut revenus et d’autres à plus bas revenus. De manière générale, les zones les plus pauvres sont constituées par des immigrés nord-africains et les zones plus riches par des immigrés européens ou asiatique, nord américains. Je rappelle que ce sont des traits grossiers qui assument une certaine tendance.

Conclusion

Il faut bien se rendre compte, et je pense que tous les Bruxellois le savent, Bruxelles est tout sauf une représentation de la Belgique. En constatant qu’il y a de nombreux immigrés centralisés dans différentes parties de la ville, les langues ne sont donc pas réparties aléatoirement. Bruxelles constitue un centre multilingue et multiculturel très dense.

C. T.

(Le présent texte est publié sous CC-BY-SA-ND.)

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